17.05.2012
La couleur des sentiments
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
(Traduit de l'anglais par Pierre Girard Ed. Jacqueline Jambon 2010)
L’histoire se déroule aux Etats-Unis dans l’état du Mississipi en 1962. Une Européenne doit fournir un effort certain pour admettre que l’histoire est contemporaine et qu’il ne s’agit pas de faits se déroulant dans la société américaine avant la guerre de Sécession.
Le récit nous montre d’une part des blancs, issus de familles aisées et d’autre part des noirs, qui les servent. Les personnages féminins qui sont principalement décrits. On découvre ainsi un monde de femmes blanches oisives et de femmes noires qui travaillent. Il s’agit avant tout d’une description des relations entre ces femmes et leurs domestiques et d’une mise en évidence de la situation paradoxale de ces femmes noires qui entretiennent la maison, font la cuisine et élèvent les enfants de ces femmes blanches, dont en fait elles tiennent le rôle et qui pourtant les méprisent, ne semblant pas se rendre compte des réalités de la société dans la quelle elles vivent. Le fil conducteur qui nous permet de connaître la vie des noires est la rédaction d’un livre par une jeune blanche, qui enfreignant les règles de la bonne société nous fait découvrir l’existence menée par les noires.
La description de certaines de ces femmes, tant blanches que noires est assez étonnante pour ne pas dire déconcertante. Même la femme blanche qui écrit la vie des noires semble parfois trop idéalisée, ou trop peu réaliste. Cependant ce livre est captivant et mérite d’être lu, même si l’on y trouve beaucoup de clichés.
J'ai lu ce livre en 2011 et donc les réflexions que je vous livre aujourd'hui sont peut-être différentes de celles que j'aurais rédigées juste après la lecture. Mais je pense que l'impression dégagée par l'ouvrage resterait inchangée et je ne peux que vous recommander d'entamer cette lecture sans à priori.
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14.05.2012
Sur les jantes
Sur les jantes, Thomas McGuane, © Editeur Christian Bourgois 2012.
La vie d’un médecin dans une petite ville du Montana.
Le récit commence par les souvenirs d’enfance et d’adolescence du héros qui est élevé dans une famille en retrait de la bonne société, entre une mère « pentecôtiste » pétrie de religion et un père vétéran de la guerre de 40-45 ressassant ses souvenirs. Cet être foncièrement solitaire éprouve bien des difficultés à couper le cordon ombilical et à s’adapter à la réalité du monde qui l’entoure. Ce n’est qu’à la fin du roman, quand il est devenu membre de cette espèce rare aux Etats-Unis, un médecin généraliste exerçant à domicile, qu’il trouve à l’approche de prendre sa retraite une certaine sérénité.
Au cours des pages on peut découvrir l’atmosphère de la vie dans une petite ville aux Etats-Unis, où tout se sait et où il est bien difficile de se faire accepter si on n’appartient pas à la société bien pensante du coin et surtout si on si on mène une vie jugée trop originale par ses concitoyens.
Ce livre foisonne de pages de descriptions de la nature absolument lyriques. On y peut y côtoyer une foule de personnages, peut-être un peu trop. Car autant l’avouer pour terminer ce livre j’ai du vraiment m’accrocher et ne pas me perdre dans les méandres des considérations psychologiques de ce médecin un peu (trop) compliqué.
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02.05.2012
La Traviata
Inutile de présenter cet opéra, un de plus célèbres de Giuseppe Verdi créé en mars 1853. Le livret de Francesco Maria Piave s’inspire de « la dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils. Celui-ci y décrit l’existence des « lionnes », ces femmes qui forment l’entourage mondain des « Lions » représentants de la bourgeoisie enrichie. Les courtisanes du XIXème siècle, appelées également « femmes galantes » jouissent d’une notoriété sans pareille dans la vie urbaine de l’époque. Celle qui que Dumas fils a pris comme modèle dans son roman a été sa maitresse. Née Alphonsine Plessis, elle est connue comme Marie Duplessis et est décédée de phtisie à l’âge de 24 ans en 1847 après une vie brève mais vouée aux plaisirs que pouvait procurer la vie parisienne. On lui connaît de nombreux amants dont entre autres Théophie Gauthier et Frans Liszt.
Personnellement, la mise en scène et les décors présentés cette saison, qui sont fortement dépendants du spectacle présenté en 2009 ne m’ont pas plus séduit qu’il y a 3 ans. Le lit qui rétrécit au cours de la représentation, les décors épurés, les toilettes trop sobres des chœurs et figurants, me font regretter les représentations, sans doute moins intellectuelles, mais tellement plus attirantes, qui pouvaient être vues il y a 10 ou 20 ans. Alors, les scènes de bal et de fêtes étaient brillantes et colorées, le jardin de la maison de campagne, où se déroule l’entrevue dramatique entre le père et Violetta, était plein de charme. Maintenant on se contentera de scènes d’orgie et de quelques fausses feuilles mortes qui tombent parcimonieusement sur un décor épuré.
La disparition de la troupe de danseurs, qui oblige le metteur en scène à éluder la scène de ballet prévue dans l’opéra, provoque chez le spectateur, non averti, un étonnement non feint, lors de l’espagnolade qui la remplace.
Heureusement, et c’est là l’essentiel les chanteurs étaient très bons, donc un moment pas désagréable mais avec un léger petit goût de trop peu.
Pour en savoir (entendre) plus voir le site de l'Opéra Royal de Liège
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